Présentation

L'architecte du projet : Pierre Douillet

L'architecte du projet : Pierre Douillet

Une basilique, enfin, achevée !

Notre engagement dans ce projet qui lie rénovation et création se fait dans le respect et la mise en valeur du style architectural initial. 
Le projet de rénovation est l’aboutissement du projet initial inspiré par une lecture fidèle du bâtiment d’origine. Il comporte la purge des éléments étrangers et le traitement de la lumière à travers la création de vitraux et l’achèvement des façades intérieures.
Le projet intègre l’augmentation de la capacité d’accueil par la réouverture des loges et de la tribune ainsi que la création d’un espace de services diocésains ouvert sur le quartier de la gare. Ces aménagements permettent la mise aux normes d’accessibilité, de sécurité et de confort.  

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Le choix des vitraux d'Arcabas.

Aujourd’hui, l’absence de vitraux dénature l’aspect de l’Église, car les 24 baies laissent passer le jour avec trop d’abondance et de liberté.
Le choix de l’artiste s’est imposé dès les premières esquisses. Arcabas, artiste de renommée mondiale manifeste un sens du sacré inspiré de l’Évangile.
Travailler avec Arcabas, c’est faire le choix d’une œuvre vivante et joyeuse sur le thème de la création. C’est parier sur le jeu des couleurs et de la translucidité du verre qui vont transfigurer la lumière et transformer ce lieu à coup sûr en un espace encore plus sacré.

Quand l'art déco se fait art sacré

Quand l'art déco se fait art sacré

Un point d'histoire

La construction de l’église du Sacré-Cœur, de 1922 à 1943, correspond pour l’essentiel à l’apogée du style Art déco. À la suite du traumatisme de la Grande Guerre, le monde plonge dans les « années folles ». Sur des airs de jazz ou de charleston, l’insouciance est de mise : Maurice Chevalier et Joséphine Baker triomphent à Paris, les surréalistes font exploser leurs idées excentriques et, dans l’Orient-Express, Paul Morand croise Hercule Poirot. Mais vient aussi le tournant des années 30 : tandis que le cinéma passe du muet au parlant, la crise économique de 1929 et la montée des fascismes annoncent des jours plus sombres auxquels on préfère ne pas penser.

Dans ce contexte, l’art déco s’affirme, après l’exubérance de l’art nouveau du début de siècle, comme le retour à la simplicité sublimée par la technique : décors géométriques, revêtements modernes (alliages métalliques, plastiques colorés), formes classiques stylisées. L’usage du béton ou du ciment armé permet de s’affranchir des arcs-boutants et des contreforts, offrant de larges espaces intérieurs scandés par des arcs à longue portée : les édifices deviennent ainsi de véritables monolithes artificiels. Le même béton, en recouvrement, offre des surfaces plus lisses et nues que la brique, qui rappellent les massifs blocs de pierre utilisés jadis dans les civilisations antiques.
On trouve à Grenoble quelques exemples marquants de l’art déco : la célèbre tour Perret, souvenir de l’Exposition internationale de la houille blanche (1925), mais aussi le garage hélicoïdal de la rue Bressieux. Sous son épiscopat, Mgr Caillot édifiera deux sanctuaires majeurs dans ce style : les églises du Sacré-Cœur et de Saint-Joseph.

Avec ses 65 m de longueur, ses 35 m de largeur et ses 24 m de hauteur, l’église du Sacré-Cœur offre une surface de 2 275 m2. Sur un plan de basilique romaine (le fameux plan basilical), le vaisseau central à 9 travées suit un plan rectangulaire, couronné par une charpente métallique, et prolongé par une abside semi-circulaire et un chœur surélevé visible en tout point de l’édifice, lui-même desservi par un large escalier de six marches à une seule volée.

Dans cet édifice majestueux, érigé en basilique par le pape en 1952, les constructeurs vont introduire des éléments décoratifs en phase avec le style résolument moderne voulu par les premiers bâtisseurs.

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Sculpture

L’autel majeur se compose d’une grande dalle monolithe en pierre polie, d’une extrême simplicité. Il ne comporte aucune sculpture, ni décoration quelconque, laissant ainsi toute leur valeur à la belle matière de la pierre nue et à ses proportions d’une sobre grandeur. Situé au centre du chœur, il permet la célébration face au peuple, qui sera pratiquée ici bien avant la réforme liturgique de Vatican II (1969).

Quelques mètres plus bas, l’autel de la crypte est le seul élément ancien : lui aussi un imposant monolithe, il provient possiblement de l’église du prieuré de Saint-Martin de Miséré, fondé par saint Hugues aux environs de l’an 1100.
En 1943, Mgr Caillot commande à un sculpteur encore peu connu, Emile Gilioli (1911-1977), un Christ en croix. L’œuvre de près de 6 m de hauteur taillée dans une pierre blanche et qui frappe par son expression de dénuement est placée dans le chœur l’année suivante. Après la guerre, Gilioli réalisera plusieurs monuments commémoratifs dans le Vercors, mais son œuvre majeure sera le monument national de la Résistance du plateau des Glières (Haute-Savoie).

 

Vitraux

Un projet initial prévoyait d’installer sur le tympan une fresque représentant le Christ en gloire. Mais en 1969, on met en place des vitraux non figuratifs de Jacques Le Chevallier (1896-1987), maître-verrier célèbre bien au-delà des frontières, auteur en 1965 de vingt-quatre vitraux pour Notre-Dame de Paris, et qui a également travaillé dans les cathédrales de Trèves, Angers, Toulouse et Besançon.

Gilles-Marie Moreau
Auteur d’ouvrages sur l’histoire en Isère